Entraînement· 9 min de lecture

Traction australienne (rowing inversé) : technique, muscles et variantes

Autres noms : Rowing australien, Inverted row, Traction inversée

La traction australienne, aussi appelée rowing inversé ou traction inversée, se fait allongé sous une barre basse, talons au sol, corps gainé : vous tirez la poitrine jusqu’à la barre, et ce sont le milieu du dos, le grand dorsal et l’arrière des épaules qui travaillent. Plus votre corps se rapproche de l’horizontale, plus c’est difficile : c’est l’exercice de tirage le plus facile à régler, à la barre comme aux anneaux ou au TRX, et la meilleure porte d’entrée vers les tractions.

Louis de Zepraug

Coach sportif certifié · CQP Instructeur Fitness

Publié le
Mis à jour le

Illustration anatomique d’une traction australienne sous une barre de rack : corps tendu sous la barre bras allongés, puis poitrine tirée jusqu’à la barre, haut du dos surligné en rouge.

L’essentiel, avant de commencer.

  • La difficulté se règle par l’angle du corps : barre haute et corps incliné pour alléger, barre à hauteur de hanches et corps horizontal pour durcir.
  • Tirez la barre vers le bas de la poitrine en serrant les omoplates d’abord : c’est ce qui fait travailler le dos plutôt que les bras.
  • Le corps reste droit de la tête aux talons : fessiers et abdominaux serrés pendant toute la série.
  • Au-delà de 20 répétitions propres à l’horizontale, surélevez les pieds, ajoutez du lest ou passez aux tractions pronation.

Fiche technique

Muscles principaux
Grand dorsal, Rhomboïdes, Trapèzes moyens et inférieurs, Deltoïde postérieur
Muscles secondaires
Biceps, Brachial, Avant-bras, Abdominaux, Fessiers
Matériel
Barre basse, Poids du corps

Qu’est-ce que la traction australienne ?

La traction australienne, qu’on appelle aussi rowing inversé, rowing australien ou traction à l’envers (en anglais : inverted row ou australian pull-up), est un tirage horizontal au poids du corps. Contrairement aux tractions classiques, où vous vous hissez à la verticale, le corps reste presque parallèle au sol et les talons gardent l’appui.

Comme les pieds portent une partie de votre poids, vous ne soulevez qu’une fraction de votre corps. Cette fraction se règle en changeant l’inclinaison : corps à 45 degrés, l’exercice est accessible à un débutant ; corps parallèle au sol, il devient exigeant ; pieds surélevés, il l’est encore plus.

C’est un exercice phare du street workout et du travail à la maison, parce qu’une barre basse suffit, et l’un des plus accessibles parmi les exercices dos. On le retrouve dans les exercices dos sans matériel et dans les progressions vers la première traction.

Les muscles ciblés par la traction australienne

La traction australienne recrute tout le haut du dos et les bras. Dans une étude sur 26 adultes, le grand dorsal, le biceps, le trapèze inférieur et le deltoïde postérieur ont tous atteint une activité très élevée, et le trapèze moyen une activité élevée. Les muscles travaillés :

  • Grand dorsal et grand rond : ils ramènent les coudes le long du corps.
  • Trapèzes moyens et inférieurs, rhomboïdes : ils serrent et abaissent les omoplates en fin de tirage. C’est l’épaisseur du dos.
  • Deltoïde postérieur : l’arrière de l’épaule, très sollicité par le tirage horizontal.
  • Biceps et brachial : ils plient les coudes pendant toute la montée.
  • Avant-bras : ils assurent la prise sur la barre.
  • Abdominaux, fessiers et muscles du bas du dos : ils gardent le corps droit, comme un gainage en mouvement.

Référence : Youdas et al. · 2016 ↗

Pourquoi faire des tractions australiennes : les bienfaits

C’est le meilleur point d’entrée vers les tractions. Pieds au sol, vous ne tirez qu’une partie de votre poids, et vous réglez cette partie en avançant ou en reculant les pieds. Personne n’est trop faible pour commencer.

Le tirage est horizontal, donc complémentaire. Les tractions classiques tirent à la verticale et travaillent surtout la largeur du dos. Le rowing inversé tire à l’horizontale et insiste sur l’épaisseur : rhomboïdes, trapèzes moyens et arrière d’épaule.

Il ménage le bas du dos. Dans une étude qui comparait trois tirages, le rowing inversé a sollicité le plus le grand dorsal et le haut du dos, tout en imposant la charge la plus faible à la colonne lombaire, nettement moins que le rowing debout buste penché.

Il équilibre les poussées. Les muscles qu’il travaille sont ceux que les développés et la position assise laissent souvent de côté. Quelques séries par semaine équilibrent un programme riche en pompes et en développé couché.

Une barre basse suffit. Une barre de squat sur un rack, deux anneaux, des sangles de suspension : c’est l’un des rares exercices de dos réellement faisables partout.

Référence : Fenwick et al. · 2009 ↗

Comment bien réaliser une traction australienne

Choisissez une barre solide et fixe, réglable en hauteur de préférence : une barre de rack à squat, une Smith machine ou une barre basse de parc. Évitez les montages improvisés, comme une barre posée sur deux chaises. Puis suivez ces étapes. Expirez en montant, inspirez en redescendant.

  1. Réglez la barre à hauteur de hanches, ou plus haut si vous débutez.
  2. Allongez-vous dessous, la barre au-dessus du bas de la poitrine, et saisissez-la en pronation (paumes vers vos pieds), mains un peu plus écartées que les épaules.
  3. Tendez les jambes, talons au sol, et serrez fessiers et abdominaux : tête, hanches et talons forment une ligne droite.
  4. Serrez les omoplates l’une vers l’autre avant de plier les coudes.
  5. Tirez jusqu’à ce que le bas de la poitrine touche la barre, coudes vers l’arrière à environ 45 degrés du corps.
  6. Tenez une à deux secondes en haut, omoplates serrées.
  7. Redescendez en deux à trois secondes jusqu’aux bras tendus, sans casser l’alignement du corps.
Traction australienne prise large sous une barre de rack : départ bras tendus, corps aligné talons au sol, puis poitrine tirée jusqu’à la barre.
La traction australienne : corps aligné de la tête aux talons, poitrine amenée à la barre.

Erreurs à éviter lors des tractions australiennes

Ces erreurs réduisent l’intérêt de l’exercice et chargent inutilement le bas du dos ou les épaules :

  • Laisser les hanches tomber : le corps casse au bassin, le bas du dos se cambre et l’amplitude diminue. Fessiers et abdominaux restent serrés de la première à la dernière répétition.
  • Tirer avec les bras seulement : si les biceps brûlent avant le dos, c’est que les omoplates ne bougent pas. Serrez-les d’abord, pliez les coudes ensuite.
  • Monter le menton vers la barre : la tête part en avant et la nuque se tend. C’est la poitrine qui vient à la barre, le cou reste dans le prolongement du dos.
  • Lâcher la descente : une descente trop rapide supprime la moitié du travail. Contrôlez-la sur deux à trois secondes.
  • Choisir un angle trop ambitieux : un corps horizontal dès le premier jour se paie en répétitions écourtées. Commencez incliné et descendez la barre au fil des semaines.

Variantes et alternatives à la traction australienne

Ce mouvement se décline selon votre niveau et le matériel disponible. Le principe ne change pas : corps gainé, poitrine vers les mains, omoplates serrées.

Référence : Youdas et al. · 2016 ↗

Ajuster la difficulté

Plus la barre est haute, plus le corps est incliné et plus l’exercice est facile : c’est la version débutant. Plus la barre est basse, plus le corps se rapproche de l’horizontale et plus il est difficile. Pour aller au-delà de l’horizontale, posez les pieds sur un banc ou une caisse de même hauteur que la barre.

Traction australienne version débutant avec une barre haute : corps très incliné talons au sol, puis poitrine tirée vers la barre.
La traction australienne pour débutant : barre haute, corps incliné, charge allégée.

Prise pronation, supination ou neutre

La pronation, paumes vers les pieds, est la prise de référence. La supination, paumes vers la tête, fait davantage participer les biceps ; dans l’étude de référence sur cet exercice, l’activité du grand dorsal a changé selon la prise, mais toutes les versions ont gardé le dos très actif. La prise neutre, paumes face à face, se fait sur des poignées parallèles, des anneaux ou des sangles : c’est souvent la plus confortable pour les épaules et les poignets.

Le rowing TRX, l’alternative sans barre

Sans barre basse, le rowing suspendu au TRX fait le même travail avec des sangles accrochées en hauteur. Vous réglez la difficulté en avançant les pieds, et les poignets tournent librement pendant le tirage.

Rowing suspendu avec des sangles TRX : corps incliné en arrière bras tendus, puis poitrine tirée vers les poignées.
Le rowing TRX, version aux sangles de la traction australienne.

Traction australienne aux anneaux

Le rowing aux anneaux de gymnastique reprend le même geste : la prise tourne librement et l’instabilité demande davantage de contrôle. Pieds surélevés sur un banc, c’est une variante de niveau avancé.

Rowing inversé aux anneaux de gymnastique, pieds posés sur un banc : corps horizontal bras tendus, puis poitrine tirée jusqu’aux anneaux.
La traction australienne aux anneaux, pieds surélevés : une variante avancée.

Lestée ou sur une jambe

Un gilet lesté ou un disque posé sur le ventre prolonge la progression sans changer le geste. Lever une jambe change surtout l’équilibre : dans l’étude de référence, l’activité des muscles n’a pas différé entre un et deux pieds au sol.

Trop facile ? Passez aux tractions verticales

Quand vous enchaînez 20 répétitions propres à l’horizontale, passez à un tirage vertical : la traction pronation, la traction supination ou la traction prise neutre. Gardez la traction australienne dans le programme : elle reste le meilleur complément horizontal.

Traction en pronation à la barre fixe : suspension bras tendus, puis menton au-dessus de la barre.
La traction pronation, étape suivante après la traction australienne.

Questions fréquentes

Comment régler la difficulté ?

Plus le corps est horizontal, plus c’est dur. Barre haute et corps incliné pour alléger, barre à hauteur de hanches et corps parallèle au sol pour durcir. Pieds surélevés sur une caisse pour aller plus loin encore.

Comment dit-on traction australienne en anglais ?

Inverted row, le plus souvent, ou australian pull-up. En français, on parle aussi de rowing inversé, de rowing australien, de traction inversée ou de traction à l’envers : c’est le même exercice.

Préparent-elles vraiment aux tractions classiques ?

Elles construisent la force de tirage et le contrôle des omoplates, mais le mouvement n’est pas le même : horizontal contre vertical. Associez-les à des tractions négatives ou assistées si votre objectif est la traction pronation ; la page première traction détaille la progression.

Où amener la barre ?

Au niveau du bas de la poitrine. Serrez les omoplates avant de tirer avec les bras : c’est ce déclenchement par le dos qui fait la différence entre un exercice de dos et un exercice de biceps.

Quelle alternative à la traction australienne sans barre basse ?

Des sangles de suspension ou des anneaux accrochés en hauteur : le rowing suspendu au TRX est la variante la plus polyvalente. En salle, le rowing à un bras avec haltère travaille les mêmes muscles avec une charge.

Combien de séries et de répétitions ?

Trois à quatre séries de 8 à 15 répétitions. Si vous dépassez 20 répétitions à l’horizontale, surélevez les pieds ou ajoutez du lest plutôt que d’allonger les séries.

Sources et limites

Les sources étayent les passages qui les citent. Les propositions de mise en pratique sont des choix de coaching à adapter à votre situation.

  1. Youdas et al. · 2016 · Vingt-six adultes, treize hommes et treize femmes, ont fait le rowing inversé en pronation et en supination, sur deux pieds puis sur un pied, avec mesure de l’activité électrique de neuf muscles du dos, des bras et du tronc. ↗

    Mesure sur quelques répétitions d’une séance, avec un appareil de traction portatif ; l’étude ne dit pas quelle prise fait le plus progresser sur des semaines.

  2. Fenwick et al. · 2009 · Sept hommes ont fait trois tirages (rowing inversé, rowing debout buste penché, rowing à un bras au câble debout), avec mesure de l’activité des muscles du tronc et des hanches et de la charge sur la colonne lombaire. ↗

    Très petit échantillon d’hommes jeunes et en bonne santé ; l’étude ne mesure ni la prise de muscle ni l’effet sur des personnes qui ont mal au dos.

Ces informations générales ne remplacent pas un avis individualisé. Les limites de Zepraug.

Exercices dos ↗