Entraînement· 12 min de lecture

Comment faire des tractions et progresser : de la première à dix répétitions

Pour réussir à faire des tractions, on progresse par niveaux : tractions australiennes et tractions scapulaires pour décrocher la première, élastique pour arriver à cinq, puis léger lest pour dépasser dix. Ce qui décide le plus, c’est le rapport entre votre force de tirage et votre poids de corps, et chacun des deux se travaille.

Louis de Zepraug

Coach sportif certifié · CQP Instructeur Fitness

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Homme suspendu sous une barre basse, corps gainé en planche et talons au sol, qui tire la poitrine vers la barre : la traction australienne.

L’essentiel, avant de commencer.

  • La traction dépend du rapport entre force et poids de corps : gagner en force de tirage, et parfois perdre un peu de masse grasse, la rendent plus facile.
  • Sans traction : tractions australiennes et tractions scapulaires en début de séance, deux à trois fois par semaine.
  • De 1 à 5 tractions : un élastique dont vous réduisez la résistance au fil des semaines.
  • De 5 à 10 et plus : des séries de 5 avec quelques kilos de lest, ajoutés par petits paliers.

Présentation

Les tractions sont un bon repère de votre force dans le haut du corps. Elles engagent plusieurs groupes musculaires majeurs, et beaucoup de pratiquants peinent à en faire une seule : c’est normal. Le délai pour réussir la première varie beaucoup selon le point de départ, le poids de corps et la régularité, de quelques semaines à quelques mois.

Cette page vous guide pas à pas, de la traction australienne aux tractions pronation puis à la traction archer, avec un plan par niveau.

Les muscles travaillés par les tractions

Savoir quels muscles travaillent aide à mieux ressentir le mouvement et à corriger sa technique.

Les muscles principaux (moteurs)

  • Le grand dorsal : c’est le muscle principal des tractions. Ce large muscle en éventail couvre une grande partie du dos et lui donne sa forme en V. Il ramène le bras le long du corps, c’est-à-dire le mouvement qui vous tire vers la barre.
  • Les trapèzes (partie moyenne et inférieure) : ils abaissent et rapprochent les omoplates. Ils les stabilisent tout au long du mouvement et lancent la phase de tirage.
  • Les rhomboïdes : situés entre les omoplates, ils travaillent avec les trapèzes pour rapprocher les omoplates l’une de l’autre.

Les muscles secondaires (assistants)

Les tractions sollicitent donc l’ensemble de l’arrière du haut du corps, avec la sangle abdominale et la force de préhension.

  • Les biceps : ils plient le coude pendant la traction. Ils travaillent davantage en prise supination.
  • Les avant-bras et la force de préhension : ils travaillent en continu pour vous garder accroché. Une poigne faible limite souvent les débutants.
  • Les abdominaux et le gainage : ils stabilisent le tronc et évitent le balancement. Plus vous avancez vers des variantes difficiles (L-sit, archer), plus la demande sur le gainage augmente.

Pourquoi je n’arrive pas à faire des tractions ?

Ne pas réussir à faire des tractions est une étape classique. Deux causes reviennent le plus souvent, et toutes deux se travaillent.

Référence : Flanagan et al. · 2003 ↗Sánchez-Moreno et al. · 2016 ↗

Manque de force et poids de corps

Une traction soulève tout votre poids. Ce qui compte n’est donc pas la force seule, mais la force rapportée au poids de corps. Chez des sportifs entraînés, ceux qui faisaient le plus de tractions avaient en moyenne moins de masse grasse ; chez des étudiantes entraînées pour réussir une traction, celles qui y parvenaient avaient un meilleur rapport entre force et masse.

La réponse : faire des tractions votre priorité. Placez-les en début de séance et entraînez-les deux à trois fois par semaine. Pour organiser le reste du travail du dos, le programme dos donne une semaine complète.

Mauvaise technique d’exécution

Une mauvaise technique complique inutilement les tractions : épaules qui montent vers les oreilles, mouvements brusques, coudes qui plient avant que les omoplates bougent, prise inadaptée.

Les fiches des exercices de musculation détaillent chaque mouvement cité ici. Une fois ces deux points corrigés, les premières tractions arrivent ; reste ensuite à en enchaîner davantage, jusqu’à dix ou plus.

Comment réussir à faire sa première traction ?

Le plan qui suit est découpé en trois niveaux, selon le nombre de tractions que vous faites. Dès que vous atteignez l’objectif d’un niveau, passez au suivant.

Quelle prise choisir, pronation ou supination ?

La prise change la répartition du travail. Commencez avec celle qui vous semble la plus naturelle, et lancez chaque traction en abaissant les omoplates avant de plier les coudes. Les trois prises :

  • Prise pronation : paumes tournées vers l’avant, dos des mains vers vous (pull-up).
  • Prise supination : paumes tournées vers vous (chin-up).
  • Prise neutre : paumes face à face, sur des poignées parallèles.

L’importance de la prise et de la largeur des mains

L’écartement et l’orientation des mains changent surtout la difficulté et la part des bras. Le guide pour choisir sa prise aux tractions compare les trois en détail.

Référence : Ortega-Rodríguez et al. · 2021 ↗

L’impact de la largeur de prise

  • Prise large (bien au-delà des épaules) : elle raccourcit le mouvement et met les bras dans une position moins favorable. Dans une étude sur des hommes entraînés, une prise libre, plus large d’environ 20 % que celle à largeur d’épaules, n’a apporté ni force ni répétitions en plus.
  • Prise à largeur d’épaules, ou un peu plus : la prise standard, qui offre le meilleur compromis. C’est la prise conseillée pour commencer.
  • Prise serrée : elle allonge l’amplitude et fait participer davantage les biceps, surtout en supination.

L’impact du type de prise

Conseil pratique : si vous débutez, commencez en supination ou en prise neutre pour profiter de l’aide des biceps. Une fois cinq répétitions acquises, ajoutez la pronation.

  • Pronation (paumes vers l’avant) : le grand dorsal travaille autant qu’en supination, le bas des trapèzes un peu plus, les biceps un peu moins. C’est la prise des pull-ups, souvent la plus exigeante pour les débutants.
  • Supination (paumes vers vous) : aussi appelée chin-up, elle fait davantage travailler les biceps. C’est généralement la prise la plus accessible pour débuter. Voyez la fiche des tractions supination.
  • Prise neutre (paumes face à face) : une position naturelle pour les poignets et souvent confortable pour les épaules. Voyez la fiche de la traction prise neutre.

Objectif : réussir à faire 1 traction

À ce niveau, placez deux exercices au début de vos séances : la traction australienne et la traction scapulaire. Faites-les en circuit, l’un après l’autre. RPE 9 veut dire qu’il vous reste une répétition en réserve à la fin de la série.

La traction scapulaire se fait suspendu à la barre, bras tendus : vous abaissez et rapprochez les omoplates pour monter de quelques centimètres, sans plier les coudes. Elle apprend le premier temps de chaque traction.

  • Tractions australiennes : 3 à 4 séries au maximum de répétitions, RPE 9, 1 à 2 minutes de repos. Muscles : grand dorsal, trapèzes, grand rond, rhomboïdes et biceps.
  • Tractions scapulaires : 3 à 4 séries de 5 à 10 répétitions, RPE 7, 1 à 2 minutes de repos. Muscles : grand dorsal, trapèzes, grand rond, rhomboïdes.
Traction australienne sous une barre basse, corps gainé, poitrine tirée vers la barre.
Traction scapulaire : suspendu bras tendus, les omoplates s’abaissent pour soulever légèrement le corps.
Les deux exercices du premier niveau : la traction australienne et la traction scapulaire.

Objectif : réussir à faire 5 tractions

Vous réussissez une traction. Il est temps d’augmenter le nombre de répétitions, avec pour objectif cinq tractions strictes.

La progression change de forme : une bande élastique accrochée à la barre vous aide à monter. Dès que vous réalisez 10 répétitions sur une série, prenez à la séance suivante un élastique moins résistant. Continuez ainsi jusqu’à cinq tractions sans élastique.

  • Tractions pronation avec bande élastique : 3 à 4 séries de 5 à 10 répétitions, RPE 9, 1 à 2 minutes de repos. Muscles : grand dorsal, trapèzes, grand rond, rhomboïdes et biceps.
  • Tractions australiennes : 3 à 4 séries au maximum de répétitions, RPE 9, 1 à 2 minutes de repos.
Traction pronation assistée par une bande élastique passée sous les genoux.
Traction australienne sous une barre basse, corps gainé, poitrine tirée vers la barre.
Deuxième niveau : la traction assistée à l’élastique, puis la traction australienne.

Objectif : réussir à faire 10 tractions et plus

C’est le niveau le plus avancé. Pour enchaîner 10 tractions avec une technique stricte, il faut une surcharge progressive plus fine.

Ajouter une répétition à une série de cinq représente déjà un saut de 20 %. À la place, faites 5 séries de 5 tractions lestées : dès que les 5 × 5 passent, ajoutez 1 à 2,5 kg à la séance suivante. Pour le rowing assis et les autres exercices complémentaires, gardez une répétition en réserve et utilisez une double progression : quand vos 3 séries de 10 passent avec une charge, augmentez-la et repartez à 3 séries de 8.

Traction lestée en prise pronation, un disque accroché à une ceinture de lest.
Rowing assis à la poulie basse avec un triangle, buste droit.
Tirage vertical unilatéral à la poulie haute, à genoux, un bras à la fois.
Troisième niveau : traction lestée, rowing assis et tirage unilatéral à la poulie.

Fréquence d’entraînement pour vos tractions

Pour débuter, deux à trois séances par semaine suffisent et laissent aux muscles le temps de récupérer. Avec l’expérience, vous pouvez passer à trois ou quatre, à condition d’alterner séances lourdes et séances légères.

Chacun récupère à son rythme. Si une douleur apparaît ou si la fatigue s’accumule, ajoutez un jour de repos.

Et après, si je souhaite aller plus loin ?

Une fois dix tractions strictes acquises, vous pouvez travailler de nouvelles compétences : la traction archer, la traction L-sit ou la traction à une main.

La traction archer se fait en prise très large : vous montez vers une main pendant que l’autre bras reste presque tendu, ce qui charge chaque côté tour à tour. La traction en L se fait jambes tendues à l’horizontale, ce qui ajoute un gros travail de gainage.

La traction à une main impose de fortes contraintes aux tendons du coude et de l’épaule. À moins d’en faire un objectif précis et travaillé sur le long terme, elle n’est pas conseillée.

Traction archer : prise très large, le corps monte vers une main, l’autre bras presque tendu.
Traction en L : jambes tendues à l’horizontale pendant la traction.
Pour aller plus loin : la traction archer et la traction en L.

Conclusion

Progresser aux tractions tient en quelques principes : comprendre les muscles qui travaillent, choisir une prise confortable, et suivre une progression structurée du premier essai jusqu’aux variantes avancées.

Votre plan d’action : choisissez le niveau qui correspond à votre situation (0, 1 ou 5 tractions), suivez-le quatre à six semaines, puis passez au suivant. Si vous bloquez, revenez aux bases : tractions australiennes et élastique.

La régularité compte plus que l’intensité d’une séance isolée. Deux à trois séances par semaine, avec une surcharge progressive, font avancer la plupart des pratiquants.

Questions fréquentes

Combien de temps pour réussir sa première traction ?

Cela dépend beaucoup du point de départ, du poids de corps et de la régularité : quelques semaines pour certains, plusieurs mois pour d’autres. L’essentiel est de suivre une progression structurée, avec les tractions australiennes, les tractions scapulaires et l’élastique, deux à trois fois par semaine.

Tractions pronation ou supination pour les débutants ?

Pour la plupart des débutants, la supination (chin-up) est plus accessible, parce que les biceps participent davantage. Si la pronation ne passe pas encore, essayez la supination. Une fois cinq répétitions acquises, ajoutez la pronation.

Comment débuter les tractions quand on est une femme ?

Le plan est le même : tractions australiennes, tractions scapulaires, puis élastique. Les femmes ont en moyenne moins de force dans le haut du corps rapportée au poids, ce qui allonge souvent le délai, mais la première traction reste un objectif accessible avec un entraînement régulier.

Les bandes élastiques sont-elles efficaces pour progresser ?

Oui, c’est un outil pratique. L’élastique vous aide surtout en bas du mouvement, là où il est le plus tendu et où la traction est la plus dure. Commencez avec une bande résistante, puis réduisez la résistance au fil des semaines jusqu’à vous en passer.

Peut-on progresser aux tractions en étant en surpoids ?

Oui. Le surpoids rend la traction plus difficile, puisque vous soulevez davantage, mais ce n’est pas un obstacle définitif. Utilisez l’élastique et les tractions australiennes. Si perdre du poids fait partie de vos objectifs, chaque kilo de masse grasse en moins rend la traction un peu plus légère.

Combien de tractions est un bon niveau ?

Il n’existe pas de norme officielle. Des repères de coach, pour des tractions strictes (bras tendus en bas, menton au-dessus de la barre, sans élan) :

1 traction : vous avez débloqué l’exercice.

5 tractions : une base solide de force dans le haut du corps.

10 tractions et plus : un niveau avancé, avec une bonne maîtrise technique.

20 tractions et plus : un niveau rare en salle.

Ces repères valent surtout pour les hommes ; les femmes, qui ont en moyenne moins de force rapportée au poids, peuvent viser des chiffres plus bas pour le même niveau.

Sources et limites

Les sources étayent les passages qui les citent. Les propositions de mise en pratique sont des choix de coaching à adapter à votre situation.

  1. Flanagan et al. · 2003 · Des étudiantes ont suivi un programme combinant musculation et entraînement d’endurance pour apprendre à faire une traction, avec mesure de la force, de la masse grasse et de la masse maigre. ↗

    Étude ancienne sur des femmes jeunes ; elle décrit les caractéristiques de celles qui réussissent, sans comparer plusieurs méthodes de progression.

  2. Sánchez-Moreno et al. · 2016 · Vingt-cinq hommes entraînés ont fait un test de tractions maximales et des tests de tirage vertical, mis en regard de leur poids, de leur masse grasse et de leur masse maigre. ↗

    Étude de corrélation sur des hommes déjà entraînés ; elle ne montre pas qu’une perte de poids suffit à faire progresser aux tractions.

  3. Ortega-Rodríguez et al. · 2021 · Quatorze hommes entraînés ont fait des tractions en pronation avec une prise à la largeur des épaules et une prise libre, plus large, avec mesure de la force maximale et des répétitions jusqu’à l’échec. ↗

    Petit échantillon d’hommes déjà entraînés ; l’étude ne mesure ni l’activité des muscles ni le confort des épaules, et ne teste pas les débutants.

Ces informations générales ne remplacent pas un avis individualisé. Les limites de Zepraug.

Exercices dos ↗