Entraînement· 9 min de lecture

Rowing planche (tirage planche) : technique, muscles et erreurs

Autres noms : Tirage planche, Rowing allongé

Le rowing planche, ou tirage planche, se fait allongé à plat ventre sur un banc surélevé : vous tirez une barre de bas en haut jusqu’à toucher le dessous du banc, et ce sont le grand dorsal, les rhomboïdes et les trapèzes moyens qui font le travail. La poitrine reste posée sur le banc pendant toute la série : le bas du dos n’a rien à porter et l’élan devient impossible, ce qui en fait le rowing le plus strict.

Louis de Zepraug

Coach sportif certifié · CQP Instructeur Fitness

Publié le
Mis à jour le

Pratiquant allongé à plat ventre sur un banc surélevé, bras tendus vers une barre chargée posée au sol, puis barre tirée jusqu’au contact du banc.

L’essentiel, avant de commencer.

  • Allongé sur le banc, poitrine en appui : le bas du dos ne porte pas le buste, contrairement au rowing barre buste penché.
  • La poitrine ne décolle jamais du banc : si elle se soulève pour faire monter la barre, la charge est trop lourde.
  • Allez chercher l’amplitude complète, bras tendus en bas et barre au contact du banc en haut, avec une seconde de pause.
  • Comptez 3 à 4 séries de 8 à 12 répétitions, en début ou en milieu de séance dos.

Fiche technique

Muscles principaux
Grand dorsal, Rhomboïdes, Trapèzes moyens
Muscles secondaires
Grand rond, Deltoïde postérieur, Biceps, Brachial, Avant-bras
Matériel
Banc surélevé, Barre

Qu’est-ce que le rowing planche ?

Le rowing planche est un tirage horizontal fait allongé. Il porte plusieurs noms : tirage planche, rowing allongé, rowing sur banc ou, en anglais, seal row et prone row. Vous êtes à plat ventre sur un banc assez haut pour que vos bras tendus n’atteignent pas le sol, et vous tirez une barre ou deux haltères vers le dessous du banc.

Sa particularité tient à l’appui. Au rowing barre buste penché, les lombaires et les ischio-jambiers tiennent le buste pendant toute la série. Ici, c’est le banc qui le tient : il ne reste plus que le dos qui tire. Vous ne pouvez pas non plus redresser le buste pour donner de l’élan, ce qui rend chaque répétition plus honnête.

Ne le confondez pas avec la planche avec tirage d’haltère, où vous tenez une position de pompe et tirez un haltère d’un bras : c’est d’abord un exercice de gainage, traité plus bas dans la FAQ.

Muscles sollicités par le rowing planche

Le rowing planche recrute surtout les muscles qui épaississent le haut du dos. Une étude a mesuré l’activité du grand dorsal, du milieu des trapèzes, de l’arrière des épaules et du biceps pendant ce rowing allongé : tous participent, et changer d’amplitude a peu modifié leur activité. Les muscles qui interviennent :

  • Grand dorsal : il ramène le bras le long du corps, surtout coudes serrés.
  • Rhomboïdes et trapèzes moyens : ils rapprochent les omoplates de la colonne en fin de tirage. Ce sont eux qui donnent l’épaisseur entre les omoplates.
  • Grand rond : il aide le grand dorsal depuis le bord de l’omoplate.
  • Deltoïde postérieur : il travaille davantage quand les coudes s’écartent du buste.
  • Biceps, brachial et avant-bras : ils plient le coude et tiennent la barre, sans être les moteurs du mouvement.

Référence : Fischer et al. · 2025 ↗Fenwick et al. · 2009 ↗

Pourquoi faire du rowing planche

Ses atouts tiennent tous à l’appui de la poitrine :

  • Un bas du dos au repos : vous pouvez travailler le haut du dos lourd, même le lendemain d’un soulevé de terre ou d’un squat qui a fatigué les lombaires.
  • Aucune tricherie possible : sans buste qui se redresse, l’élan disparaît. La charge que vous soulevez est celle que votre dos tire vraiment.
  • Un apprentissage simple : sans équilibre ni gainage à gérer, l’attention reste sur les omoplates qui se rapprochent.
  • Un bon repère de progression : la position ne change pas d’une séance à l’autre, ce qui rend les charges comparables.

Matériel requis

Il vous faut un banc assez haut pour que vos bras tendus et la barre chargée ne touchent pas le sol. Certaines salles ont un banc de rowing planche dédié, avec des supports pour poser la barre et une marche pour monter dessus. C’est rare.

À défaut, posez un banc plat sur deux plots stables ou sur des disques empilés, en vérifiant que l’ensemble ne bouge pas. Une barre droite, des disques de petit diamètre et, si vous en avez, deux haltères complètent l’installation. Une barre en T avec appui pour la poitrine donne un exercice très proche.

Comment faire du rowing planche

Installez la barre sous le banc avant de vous allonger, puis gardez la même position du début à la fin de la série.

Placement

  1. Allongez-vous à plat ventre, le haut de la poitrine au bord avant du banc, le menton juste au-delà.
  2. Serrez les fessiers et allongez les jambes sur le banc : le corps forme une ligne stable.
  3. Saisissez la barre en pronation, mains un peu plus écartées que les épaules, bras tendus.
  4. Abaissez les épaules loin des oreilles avant de commencer à tirer.

Exécution

  1. Rapprochez d’abord les omoplates, puis pliez les coudes : c’est le dos qui lance le tirage.
  2. Tirez la barre jusqu’au contact du dessous du banc, en expirant.
  3. Tenez une seconde en haut, omoplates serrées.
  4. Redescendez en deux à trois secondes jusqu’aux bras tendus, en inspirant.
  5. Enchaînez la répétition suivante sans poser la barre ni décoller la poitrine.

Comment faire du rowing planche (vidéo TrainFTW)

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Erreurs fréquentes à éviter

L’appui du banc corrige beaucoup de défauts, mais pas tous. Les plus fréquents :

  • Décoller la poitrine : soulever le buste pour faire monter la barre redonne de l’élan et cambre le bas du dos. Allégez.
  • Tirer avec les bras : si les coudes plient avant que les omoplates bougent, les biceps font le travail. Pensez « omoplates d’abord ».
  • Couper l’amplitude : sans bras tendus en bas, le dos ne s’étire pas ; sans contact du banc en haut, les omoplates ne se rapprochent pas.
  • Lever la tête : gardez la nuque dans le prolongement du dos, regard vers le sol devant le banc.
  • Laisser tomber la barre : la descente se freine. C’est la moitié du travail.
  • Hausser les épaules : des épaules qui montent vers les oreilles laissent le haut des trapèzes compenser.

Coudes serrés ou coudes écartés

La trajectoire des coudes oriente le travail, comme sur les autres rowings.

Coudes ouverts, à 45 à 90 degrés du buste, prise large en pronation : vous visez le haut du dos, c’est-à-dire les trapèzes moyens, les rhomboïdes et l’arrière des épaules.

Coudes serrés le long du buste, prise plus étroite ou haltères en prise neutre : le grand dorsal prend une part plus grande, et le tirage finit plus bas, vers le ventre.

Séries, répétitions et place dans la séance

Comptez 3 à 4 séries de 8 à 12 répétitions, avec 90 secondes à 2 minutes de repos. Arrêtez chaque série à une ou deux répétitions de l’échec, sans que la poitrine décolle.

Le rowing planche peut ouvrir la séance dos ou venir après un tirage vertical comme le tirage poitrine : l’un travaille surtout la largeur du dos, l’autre son épaisseur. Il trouve aussi sa place en fin de séance de jambes lourde, quand les lombaires ne supporteraient plus un rowing buste penché.

Variantes et alternatives

Le principe reste le même : un appui pour le buste et le dos qui tire.

Rowing planche aux haltères

Un haltère dans chaque main, sur le même banc surélevé ou sur un banc incliné à 30 à 45 degrés. Les mains tournent librement et le bras va un peu plus loin en haut qu’avec une barre, qui bute contre le banc.

Rowing machine assis avec appui poitrine

Même appui pour le buste, trajectoire guidée. C’est l’alternative la plus proche quand il n’y a pas de banc assez haut : voyez la fiche du rowing machine assis.

Rowing à un bras avec haltère

Une main et un genou sur un banc plat, un côté à la fois. Le bas du dos est aussi soulagé, et l’amplitude est grande : voyez le rowing à un bras avec haltère.

Sans matériel : les tractions australiennes

Allongé sous une barre basse ou une table solide, vous tirez votre propre corps. Les tractions australiennes travaillent les mêmes muscles et chargent peu le bas du dos.

Questions fréquentes

Quelle différence entre rowing planche et rowing barre ?

Au rowing barre, vous êtes debout buste penché : les lombaires tiennent le buste et vous pouvez tricher en le redressant. Au rowing planche, le banc tient le buste : plus d’élan, plus de travail lombaire. La charge est en général un peu plus faible, mais elle va entièrement au dos.

Le rowing planche est-il la même chose que la planche avec tirage d’haltère ?

Non. La planche avec tirage d’haltère, ou renegade row, se fait en position de pompe : vous tirez un haltère d’un bras en empêchant le bassin de tourner. C’est d’abord un exercice de gainage, avec des charges légères. Le rowing planche se fait allongé sur un banc et sert à charger le dos.

Quel banc utiliser pour le rowing planche ?

Un banc de rowing planche dédié si votre salle en a un. Sinon, un banc plat posé sur deux plots stables, assez haut pour que la barre ne touche pas le sol bras tendus. Vérifiez que l’ensemble ne bouge pas avant de charger.

Quels muscles travaille le rowing planche ?

Le grand dorsal, les rhomboïdes et les trapèzes moyens en premier, avec le grand rond, l’arrière des épaules et les biceps. Les érecteurs du rachis travaillent peu, puisque le banc tient le buste.

Combien de séries et de répétitions ?

Trois à quatre séries de 8 à 12 répétitions, chacune avec une seconde de pause barre contre le banc. Ajoutez de la charge quand toutes les séries passent à 12 sans décoller la poitrine.

Sources et limites

Les sources étayent les passages qui les citent. Les propositions de mise en pratique sont des choix de coaching à adapter à votre situation.

  1. Fischer et al. · 2025 · Seize hommes entraînés ont fait un rowing barre allongé sur un banc, en amplitude complète, en moitié haute et en moitié basse, avec mesure de l’activité électrique du grand dorsal, du milieu des trapèzes, de l’arrière des épaules et du biceps. ↗

    Mesure sur une seule séance et sur des hommes entraînés ; l’étude ne dit rien de la prise de muscle au fil des semaines ni de la charge sur le bas du dos.

  2. Fenwick et al. · 2009 · Sept hommes ont fait trois tirages (rowing inversé, rowing debout buste penché, rowing à un bras au câble debout), avec mesure de l’activité des muscles du tronc et de la charge sur la colonne lombaire. ↗

    Très petit échantillon ; l’étude ne teste pas le rowing planche, elle montre seulement que le rowing penché sans appui charge le plus le bas du dos.

Ces informations générales ne remplacent pas un avis individualisé. Les limites de Zepraug.

Exercices dos ↗