Entraînement· 7 min de lecture

Développé couché avec haltères : exécution, amplitude et charge face à la barre

Le développé couché avec haltères se fait allongé sur un banc plat : vous descendez un haltère dans chaque main jusqu’à hauteur de la poitrine puis les poussez au-dessus des épaules, ce qui fait travailler le grand pectoral, les triceps et l’avant des épaules comme le développé à la barre. Les haltères descendent plus bas qu’une barre et chaque bras pousse seul, au prix d’une charge un peu plus légère.

Louis de Zepraug

Coach sportif certifié · CQP Instructeur Fitness

Publié le
Mis à jour le

Pratiquant allongé sur un banc plat, haltères descendus à hauteur de la poitrine, puis poussés bras tendus au-dessus des épaules.

L’essentiel, avant de commencer.

  • Mêmes muscles qu’à la barre : grand pectoral, triceps et deltoïde antérieur, avec une activité du pectoral comparable.
  • Plus d’amplitude et un bras qui ne peut pas compenser l’autre ; en contrepartie, vous soulèverez moins lourd, autour de 85 % de votre charge à la barre dans une étude.
  • La mise en place compte autant que la poussée : haltères sur les cuisses, bascule en arrière, omoplates serrées avant la première répétition.
  • Comptez 3 à 4 séries de 6 à 12 répétitions, en exercice principal ou après le développé couché à la barre.

Fiche technique

Muscles principaux
Grand pectoral
Muscles secondaires
Deltoïde antérieur, Triceps brachial
Matériel
Haltères, Banc plat

Muscles sollicités par le développé couché aux haltères

C’est un mouvement de poussée horizontale : l’épaule rapproche le bras du buste pendant que le coude se tend. Muscles en jeu :

  • Grand pectoral : le moteur principal, surtout sa partie centrale, la partie sterno-costale, quand le banc est à plat.
  • Deltoïde antérieur : l’avant de l’épaule, qui aide la poussée et stabilise.
  • Triceps brachial : il tend le coude en fin de poussée.
  • Biceps, coiffe des rotateurs, grand dorsal et rhomboïdes : ils stabilisent les haltères et l’omoplate.

Référence : Welsch et al. · 2005 ↗

Haltères ou barre, le pectoral travaille autant

Une étude a mesuré une activité du grand pectoral et du deltoïde antérieur comparable au développé à la barre et aux haltères, et conclut que les deux peuvent s’employer l’un pour l’autre. L’intérêt des haltères tient donc moins à l’intensité qu’à l’amplitude, à la symétrie et au confort de l’épaule.

Pourquoi faire le développé couché avec haltères

L’amplitude est plus grande qu’à la barre. Rien ne bloque la descente au niveau du torse : les mains peuvent descendre un peu plus bas que la poitrine, ce qui charge le pectoral en position plus étirée.

Les mains peuvent se rapprocher en haut. À la barre, l’écartement des mains reste fixe du début à la fin. Avec les haltères, le bras termine son trajet vers le centre du buste.

Chaque côté travaille pour lui. Le bras dominant ne peut plus compenser. Un écart de force entre les deux côtés, fréquent au développé, apparaît tout de suite.

L’épaule choisit son angle. Le poignet et le coude s’orientent librement. Beaucoup de pratiquants gênés au développé à la barre tolèrent mieux la version haltères.

La force reste en partie propre à l’outil. Dans un essai de dix semaines chez des pratiquants entraînés, le groupe qui s’entraînait aux haltères a surtout progressé aux haltères. Si votre objectif est le développé à la barre, gardez la barre dans la semaine et faites des haltères un complément, ou alternez-les par cycles.

Référence : Saeterbakken et al. · 2016 ↗

Exécution du développé couché aux haltères

Avant de charger, entraînez-vous à la mise en place avec des haltères légers : c’est la partie la plus délicate de l’exercice. Positionnement :

  1. Asseyez-vous au bout d’un banc plat, un haltère dans chaque main, posé verticalement sur les cuisses près des genoux.
  2. Inspirez, puis basculez en arrière en poussant les haltères avec les genoux pour arriver dos sur le banc, haltères au-dessus des épaules.
  3. Posez les pieds à plat de part et d’autre du banc, assez écartés pour être stable.
  4. Serrez les omoplates et abaissez-les pour sortir la poitrine. Gardez quatre points d’appui : la tête, le haut du dos, les fesses et les pieds, avec la cambrure naturelle du bas du dos.
  5. Descendez les haltères lentement jusqu’à hauteur de la poitrine, avant-bras verticaux, coudes à environ 45 degrés du buste.
  6. Expirez en poussant les haltères vers le haut et légèrement vers le centre, jusqu’aux bras presque tendus.
  7. Arrêtez-les à quelques centimètres l’un de l’autre, sans les cogner, puis enchaînez la répétition suivante.
  8. En fin de série, ramenez les haltères sur la poitrine puis sur les cuisses en vous relevant. Ne les lâchez jamais sur les côtés bras tendus.

Respiration

Inspirez pendant la descente et expirez pendant la poussée. Sur des séries très lourdes, vous pouvez bloquer la respiration après une grande inspiration pour gagner en stabilité, puis souffler en haut du mouvement.

Erreurs fréquentes

La plupart des erreurs viennent de la stabilité, que les haltères rendent plus exigeante qu’à la barre. Les points à surveiller :

  • Rater la mise en place. Se coucher avec des haltères lourds sans les appuyer sur les cuisses fatigue les épaules avant même la première répétition.
  • Laisser les coudes s’ouvrir à 90 degrés. L’avant de l’épaule encaisse davantage. Ramenez-les vers 45 degrés du buste.
  • Descendre au-delà de votre mobilité. L’amplitude supplémentaire fait l’intérêt des haltères, mais une épaule qui tire en bas impose de raccourcir.
  • Cogner les haltères en haut. Le choc supprime la tension une fraction de seconde et déstabilise la répétition suivante.
  • Décoller la tête ou les fesses du banc. Les quatre points d’appui restent en place du début à la fin.
  • Comparer sa charge à celle de la barre. Soulever moins lourd aux haltères est normal : une partie de l’effort sert à stabiliser deux charges indépendantes.

Séries, répétitions et charge

Comptez 3 à 4 séries de 6 à 12 répétitions. Le développé aux haltères peut être l’exercice principal de la séance pectoraux, ou le deuxième, après la barre, suivi d’un exercice d’isolation choisi parmi les exercices pour les pectoraux.

Pour choisir la charge, partez d’environ 80 à 85 % de votre charge à la barre, répartie sur les deux haltères. Dans une étude chez des pratiquants entraînés, le maximum aux haltères atteignait environ 85 % de celui à la barre. Augmentez par le plus petit écart disponible entre deux paires d’haltères, une fois toutes les séries réussies proprement.

Référence : Van den Tillaar et al. · 2012 ↗

Variantes du développé couché aux haltères

La technique reste la même ; seul l’angle du banc change la partie du pectoral la plus sollicitée.

Développé incliné aux haltères

Banc relevé autour de 30 degrés, dans une plage de 30 à 45 : la partie claviculaire du pectoral, le haut, travaille davantage. Voyez la fiche du développé couché incliné aux haltères.

Pratiquant sur un banc incliné, haltères descendus au niveau du haut de la poitrine puis poussés bras tendus.
Développé incliné aux haltères : banc relevé autour de 30 degrés.

Développé décliné aux haltères

Banc incliné vers le bas, d’environ 15 à 30 degrés, jambes calées. Le milieu et le bas du pectoral travaillent autant qu’à plat, le haut un peu moins. La mise en place demande de la méthode, ou un partenaire qui tend les haltères.

Pratiquant sur un banc décliné, jambes calées, haltères descendus au niveau du bas de la poitrine puis poussés bras tendus.
Développé décliné aux haltères : banc incliné vers le bas, jambes calées.

Développé couché prise neutre

Paumes face à face, coudes plus près du buste. Le triceps prend une plus grande part du travail et beaucoup d’épaules sensibles la tolèrent mieux.

Questions fréquentes

Quelle charge par rapport à la barre ?

Partez d’environ 80 à 85 % de votre charge au développé couché à la barre, additionnée sur les deux haltères. La stabilisation de deux charges indépendantes explique l’écart : ce n’est pas une perte de force, c’est une exigence différente.

Jusqu’où descendre les haltères ?

Jusqu’à ce que les mains arrivent au niveau du torse ou légèrement en dessous, tant que l’épaule reste confortable. Descendre au-delà de votre mobilité n’apporte rien.

Comment mettre les haltères en position seul ?

Asseyez-vous au bout du banc, haltères posés sur les cuisses, puis allongez-vous en poussant les genoux vers le haut l’un après l’autre. Pour reposer, faites l’inverse : ramenez les haltères sur les cuisses avant de vous relever.

Faut-il faire se toucher les haltères en haut ?

Non. Les rapprocher termine le trajet du bras vers le centre, mais les cogner supprime la tension une fraction de seconde et n’apporte rien. Arrêtez-les à quelques centimètres.

Développé couché haltères ou barre ?

La barre pour la charge et la progression mesurable, les haltères pour l’amplitude, la symétrie et le confort d’épaule. L’activité du pectoral est comparable : beaucoup de pratiquants alternent les deux par cycles de quelques semaines.

Sources et limites

Les sources étayent les passages qui les citent. Les propositions de mise en pratique sont des choix de coaching à adapter à votre situation.

  1. Welsch et al. · 2005 · Douze hommes et femmes ont fait du développé couché à la barre, du développé aux haltères et de l’écarté aux haltères, avec mesure de l’activité du grand pectoral et du deltoïde antérieur pendant la poussée. ↗

    Petit échantillon de niveaux variés et seule la phase de poussée mesurée ; l’étude ne compare pas les gains à l’entraînement.

  2. Van den Tillaar et al. · 2012 · Onze hommes habitués au développé couché ont cherché leur charge maximale à la barre, à la Smith machine et aux haltères, avec mesure du mouvement et de l’activité des muscles. ↗

    Très petit échantillon d’hommes, une seule répétition maximale ; l’écart de charge peut varier selon le niveau et l’habitude des haltères.

  3. Saeterbakken et al. · 2016 · Trente-six hommes entraînés ont fait dix semaines de développé sur ballon, à la Smith machine ou aux haltères, avec des tests de force sur chaque version et à la barre. ↗

    L’étude mesure la force, pas la prise de muscle, et chez des hommes déjà entraînés uniquement.

Ces informations générales ne remplacent pas un avis individualisé. Les limites de Zepraug.

Exercices pectoraux ↗